Test de Shadow of the Colossus sur PS4, la version ultime.

Shadow of the Colossus est un classique et un monument du jeu vidéo pour beaucoup, mais je me suis rendu compte que pas mal de gamers que je connais n’y ont jamais joué, moi y compris. Du coup découvrir ce jeu dans un vrai remake, avec des graphismes modernes tout en ne trahissant pas l’œuvre originale est loin d’être uniquement opportuniste et mercantile. C’est même en 2018 la meilleure façon de découvrir ou redécouvrir cette œuvre !

Avant de parler de la version remake sur PS4,  je vais vous parler du jeu original. Shadow of the Colossus est sorti sur PS2 en février 2006 en Europe. Il a été développé par la Team Ico, connue pour leur premier succès, Ico et c’est plus précisément l’oeuvre de Fumito Ueda, le directeur de jeu et game designer chez Sony CE Japon. Le jeu était très ambitieux, beaucoup trop pour la PS2 qui avait du mal à afficher de manière fluide le monde « ouvert » et surtout les gigantesques colosses. Le jeu tournait à 20 images par secondes et faisait régulièrement des chutes de framerate à 14 images par secondes !! Bonjour les saccades. Une version remasterisée en HD avec 30 images par secondes constantes est sortie en 2011 sur PS3.  

On voit bien la différence entre la version PS2 et PS4

Sony a choisi le studio Bluepoint Games, déjà connu pour des remasters de qualité tels que la trilogie Uncharted ou encore Metal Gear Solid : HD collection. Loin d’être une version juste remasterisée en HD, Shadow of the colossus sur PS4 a été intégralement refait de zéro en gardant au maximum le style et l’esthétique du jeu PS2. En regardant des images et vidéos du jeu original et en jouant à la version PS4, on se rend bien compte du travail d’orfèvre, de la « restauration numérique » à la fois fidèle mais qui se permet aussi de rajouter du détail pour rendre le monde encore plus crédible. De l’herbe absente dans la majorité de la plaine par le passé à une végétation foisonnante en passant par des forêts bien plus détaillées où les feuilles tombent désormais et des rochers réalistes en relief là où c’était juste une texture plate et assez moche.

Un grand soin a été apporté aux nombreuses ruines et aux temples présents dans le monde. D’un mur plat en pierre, nous avons maintenant des ornements, des gravures qui donnent du relief et contribuent à donner une atmosphère mystique au jeu. La direction artistique du jeu était novatrice sur PS2 mais la technique était limitée, ici le résultat est magnifique et les artistes de Bluepoint Games ont su proposer des choses sans trahir l’œuvre originale.

C’est bien sûr un nouveau moteur 3D, avec des éclairages bien différents de la version PS2, mais qui rendent encore plus crédible le monde. Les lumières volumétriques inexistantes par le passé sont du plus bel effet (le soleil caché derrière un bâtiment ou le soleil qui perce à travers des nuages).  Les ombres sur les décors font leur apparition, même de très loin, ce qui n’était pas le cas du jeu PS2 où les décors lointains étaient en fait en 2D et c’est en s’approchant vraiment que la texture 3D apparaissait. Quant à l’eau, elle possède désormais des reflets réalistes et chaque mouvement dans l’eau crée des remous. Le ciel est aussi fidèle au jeu original et permet maintenant d’avoir des ombres sur les plaines, montagnes et bâtiments.

Les textures et les animations ont été intégralement créées de zéro, tout en essayant au maximum de coller au jeu original. Des petits détails bienvenus et presque obligatoires dans un jeu de maintenant, tels que le pancho de Wander (le héros) et la queue du cheval Agro qui bougent de manière réaliste. La physique du jeu a été revue, ce qui est flagrant sur les batailles contre les colosses.

Sur PS4 « Normale », le jeu tourne à 30fps sans broncher en 1080p. Sur PS4 Pro, les développeurs proposent une performance mode qui permet de jouer à 60fps en 1080p et un cinematic mode qui permet de jouer  en 4k à 30fps. Ayant uniquement une PS4 « normale », je peux vous assurer que le jeu est déjà assez fluide et permet de jouer dans de bonnes conditions.

Concernant la jouabilité, elle a aussi été refaite et est très correcte mais je la trouve assez rigide, surtout lors des déplacements en cheval. Cela colle au jeu original mais j’aurai aimé pour une fois qu’ils assouplissent encore plus la jouabilité. Ils ont modifié la disposition des boutons pour l’optimiser et c’est une bonne chose. Une option permet de mapper les boutons comme sur PS2, pour les puristes. En jouant à ce jeu en 2018, on se rend compte qu’il a influencé des jeux majeurs tels qu’Uncharted  pour l’escalade,  Zelda Breath of the Wild pour la jauge d’endurance.. Un des intérêts de Shadow of the colossus est la découverte des colosses. Chaque créature est différente et si le modus operandi est le même ( l’étude de leurs mouvements pour trouver la façon de leur grimper dessus et ensuite attaquer leur point faibles), les colosses sont très différents (marchant, volant, aquatique…) et sont tous intéressants. Mention spéciale pour le colosse de fin qui est impressionnant !

J’ai beaucoup parlé de la technique du titre car c’est la vraie nouveauté, mais j’ai enfin découvert pourquoi ce jeu a de si bonnes notes et reste un excellent souvenir pour beaucoup de gamers. Le jeu dégage une poésie et un lyrisme rarement vu dans un jeu vidéo. Avec des éléments simples, une quête relativement dirigiste et des combats déséquilibrés en apparence, le jeu arrive à faire passer de l’émotion. La musique orchestrale du jeu y est pour beaucoup, elle pose une ambiance poétique et lors des batailles contre les colosses, elle s’emballe pour proposer des thèmes qui restent dans la tête. Après chaque colosse vaincu, la musique donne au joueur un sentiment de culpabilité d’avoir décimé une créature qui n’avait rien demandé.

Enfin, le mode photo est réussi et permet de rendre hommage au travail effectué par Bluepoint Games. Toutes les photos sont d’ailleurs tirées de ma PS4, avec en grande majorité l’utilisation du mode photo. J’ai pris de superbes photos des colosses mais je ne les publierais pas dans ce test (hors le premier colosse) car je trouve que ça spoile le jeu.

Tout dans Shadow of the Colossus semble touché par la grâce. L’excellente direction artistique et la technique moderne font de ce jeu une version à découvrir absolument. Visuellement magnifique, poétique et profond, il n’y a guère que la maniabilité d’époque pour ternir très légèrement ce tableau quasi parfait. Un chef d’œuvre proposé dans une version magnifiée, pour le plaisir des fans mais aussi pour faire découvrir à de nouvelles générations de joueurs une œuvre marquante dans l’histoire du jeu vidéo ! Rien que ça.

Note : 19/20

 

 

Un commentaire

  1. 26 mars 2018
    Reply

    Un gros lifting qui fait du bien ! Le jeux est vraiment plus joli comme ça, bon ben je crois qu’il va falloir que je relance le jeux une fois de plus 🙂

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