Test de Detroit: Become Human

Le studio français Quantic Dream a fait de l’immersive sim sa spécialité depuis des années, avant même que cela ne s’appelle ainsi. Perso j’appelle ça des films interactifs, même si je reconnais que les derniers jeux du studio s’améliorent. Je reproche 2 choses à ces jeux : une écriture trop simpliste, manichéenne et des choix trop limités. Dans un jeu où on ne cesse de faire des choix en apparence importants, j’ai toujours l’impression que je suis sur un rail, quoi qu’il se passe. J’étais sceptique à l’heure de tester Detroit: Become Human, en espérant avoir des choix impactants et une histoire intéressante ! Pour moi le meilleur Immersive sim, c’est Life Is Strange que j’ai découvert sur le tard et qui m’a mis sur le cul avec des séquences mémorables (le père de Chloé par ex). Niveau gameplay ce n’était pas dingue mais les choix comptaient vraiment (même si on avait la possibilité de revenir en arrière facilement)

Est-ce que les androîdes rêvent de David Cage électronique ?

Des androides à l’apparence humaine, qui ressentent des émotions et qui sont chassés pour ça, cela ressemble fortement à Blade Runner. Ce sujet me passionne toujours autant et Detroit: Become Human part heureusement dans une autre direction que Blade Runner. On suit ici le destin de 3 androïdes qui servent les humains, dans un monde en apparence en paix où les androïdes font tout le sale boulot et deviennent indispensables à la société. Le fait de suivre 3 histoires qui se croisent permet de varier les situations. Dans l’ensemble je suis ravi de constater que les personnages sont bien écrits, cela donne plus envie de poursuivre l’aventure. C’est la première fois sur un Quantic Dream que j’ai hâte de savoir la suite et d’y retourner rapidement.

Ambiance scandale danse de vandales

Un autre point fort de Detroit: Become Human, c’est justement que les choix ne sont pas anecdotiques et pour la première fois on sent que ce qu’on choisit aura des conséquences sur son personnage, son entourage ainsi que l’issue de l’histoire. En discutant avec des amis, j’ai découvert des embranchements et conséquences inconnues, j’avais l’impression qu’on n’avait pas vécu la même histoire. Le boulot sur les embranchements possibles est titanesque, il faudrait recommencer le jeu plusieurs fois pour voir les différentes histoires. Il est aussi possible (et conseillé seulement une fois l’histoire terminée) de recommencer un chapitre entier, dommage j’aurai bien aimé pouvoir juste changer quelques choix pour voir où ça me mène.

Hors-jeux ?

Niveau gameplay, on est toujours très loin d’un GTA, la liberté de mouvement et d’action est contextuelle. On peut agir sur quelque chose uniquement si l’action a été prévue et si un marqueur est présent. Pareil pour les scènes en extérieur où on ne peut pas s’éloigner à plus de 10 mètres de la route de la destination, sous peine d’avoir une mini-cinématique de demi-tour. Globalement je trouve les actions variées (elles dépendent fortement des situations) mais hélas tout se fait en QTE. Alors pas tout le temps des QTE punitifs, très souvent c’est la façon de jouer, héritée de Heavy Rain avec des mouvements du stick droit ou des boutons à presser, rester enfoncé ou tapoter. Je peux comprendre que ce genre de jeu puisse frustrer les amateurs de gameplay à tout prix, mais je ne vois pas d’autre solution sans nuire à l’immersion. J’ai apprécié également les enquêtes où il faut scanner les preuves, comprendre ce qui s’est passé pour ensuite avoir toutes les cartes en main pour pouvoir faire le bon choix. Je regrette aussi quelques séquences importantes ou le personnage bouge trop lentement, les indications ne sont pas claires et pourtant l’échec de la séquence a des vraies conséquences sur la suite de l’histoire. Par exemple, la toute dernière séquence du jeu avec Connor (no spoil) m’a frustré car j’avais compris ce qu’il fallait faire mais je n’ai pas pu le faire pour les raisons citées plus haut.

Art de rue

Visuellement le jeu est impressionnant, c’est propre, zéro aliasing, textures fines et effets de lumières, reflets au top. Les visages sont hyper détaillés et les yeux sont très réussis, ce qui est très compliqué en 3D. Les artistes de Quantic Dream se sont surpassés et maîtrisent parfaitement la PS4.

Le doublage français est très bon, les voix collent au personnage et les doubleurs jouent très bien, mention spéciale au proprio de Markus (Bernard Tiphaine, le doubleur de Christopher Walken, Donald Sutherland et Chuck Norris). Le casting est top également, avec des visages marquants et expressifs, encore plus pour des androïdes. Pour l’anecdote, les personnages principaux sont tirés d’acteurs réels qui ont aussi fait leur voix en VO

Niveau musique, le studio Quantic Dream a demandé à trois compositeurs de créer la musique, pour un androïde chacun. Philip Sheppard compose les mélodies de Kara, John Paesano a créé les musiques de Markus et enfin Nima Fakhrara s’occupe de celle de Connor. C’est réussi, avec le coté électronique pour Connor, le violoncelle pour Kara et les musiques épiques pour Markus.

Detroit: Become Human est une très bonne surprise, un jeu avec des choix impactants, une écriture bien meilleure que la moyenne des Immersive sim et toujours une technique au top. Oui c’est toujours plus ou moins un film interactif, mais un très bon, le haut du panier. Je ne saurais que trop vous le conseiller.

Note : 4/5

 

Les plus

  • Choix qui ont un vrai impact
  • Écriture des personnages réussie
  • Graphismes top
  • Rejouabilité
  • Musiques différentes pour les 3 héros

Les moins

  • Certaines phases de gameplay peu intéressantes/ ratées
  • Quelques facilités scénaristiques

 

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