[Ciné] Critique de Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar

 

Il faut s’y faire, Jack Sparrow est si indissociable de Johnny Depp qu’il faut bien continuer la franchise Pirates des Caraïbes pour ne pas voir l’homme disparaître, quand bien même son talent dépasse ce rôle de pitre. Avec plus ou moins de bonheur on enquille sur ce 5ème volet d’une saga lucrative mais coûteuse, qui n’acceptera jamais un faux pas au box-office. N’étant pas nécessairement fan de la franchise, j’en apprécie les qualités rafraîchissantes (ma phrase ressemble à une pub pour gel douche). Son côté idéalisé de la piraterie est sans doute à classer dans les univers les plus jouissifs : la mer, l’évasion, le rhum. Oublions les rumeurs, ce qu’a enduré et fait endurer le sieur depp depuis le quatrième volet et prenons cette Vengeance de Salazar comme un nouveau départ. Pour la petite fiche technique, la réalisation et le scénario peuvent effrayer. Scénario, surtout, confié à Jeff Nathanson, ayant travaillé sur Speed 2, Rush Hour 3, Indiana Jones 4, un impressionnant champ de gadins pour un seul homme. Pour ce qui est de la réalisation, celle-ci fut confiée à deux hommes presque débutants mais néanmoins complémentaires et reconnus unanimement en 2013 (oscar et golden globes) pour le surprenant Kon-Tiki. Ayant regardé ledit film depuis, j’ai relativement bien accroché au style des deux bonhommes, pas révolutionnaire mais maîtrisé, particulièrement sur la photographie, rien si de surprenant à voir utiliser cette figure gémellaire pour la firme aux deux grosses oreilles.

 

Jack Sparrow et ses compagnons se lancent dans la quête du Trident de Poséidon, sur lequel le Capitaine Teague détient des informations précieuses. Cet artefact légendaire, qui donne tous les pouvoirs sur les océans, est leur seul moyen d’échapper aux fantômes du redoutable Capitaine Salazar, échappés du Triangle des Bermudes pour éliminer tous les pirates des océans.

La vengeance de Salazar n’a rien d’un chef-d’œuvre, mais il ne divisera que légèrement. Difficile d’adorer ou de détester un tel film qui à mon humble avis est le meilleur depuis le second volet, ce qui ne nous rajeunit pas. Inégal, il s’appuie sur l’excellente vision artistique portée par le duo Ronning/Sandberg, idéalisant à la perfection l’appel de la mer. La direction photographique est sans conteste leur point fort, ce cinquième volet revient à l’aspect minéral des choses sans jamais forcer. Peu d’éclats, mais Sparrow est de retour, un poil plus nuancé que d’habitude, ne changeant pas d’un iota dans ses attitudes tout en paraissant évoluer dans ses actes. Le film pèche par ses enjeux un peu troubles, peu développés et sans doute trop nombreux, mais n’échoue jamais jusqu’à se parodier. Toujours très Disney, l’approche est parfois un peu plus sombre, à peine, le temps d’esquisser le talent incroyable de Javier Bardem.
La première apparition de Sparrow reste sans doute la scène la plus marquante, une des plus burlesque de la franchise, totalement stupide, mettant en avant le contraste entre les situations et les personnages. Plus encore que dans les autres films, Disney amène sa touche féministe, pas forcément subtile mais intéressante, à travers une héroïne versée dans les sciences, faisant front face à son époque bigote.
Mes reproches ne concernent que la structure du film en elle-même, n’allant pas assez loin dans son délire et son rythme, proposant un déroulement bien trop classique, presque typé Marvel tant celui-ci reste sur des rails. On en demande plus, bien plus, quitte à voir la belle machinerie déraper, un reproche qui devient une habitude chez Disney. De même, il faudra une certaine tolérance sur le cabotinage Jack Sparrow, ne réinventant rien du personnage ou de ses mimiques, là seront sans doute les principaux reproches du film. L’utilisation en CGI de l’acteur pour le rajeunir est pour moi à souligner, bien plus réussi que les rendus « vallée dérangeante » de Star Wars Rogue One.
La musique reste passe-partout. Pas mauvaise, accompagnant bien l’ensemble, mais pas incroyable non plus, le passage de flambeau entre Hans Zimmer et Geoff Zanelli se fait sentir.

La piraterie cinématographique ne vit sans doute plus son âge d’or mais reste à flot. Le poids des années ne se font pas encore trop sentir pour la franchise, profitons-en. La Vengeance de Salazar, très étrange traduction de Dead Men Tell No Tales, est une sorte de retour inattendu. Pas inoubliable, ce cinquième épisode porte quelque chose de très réjouissant pour qui se sent encore l’âme d’un pirate. Souquez les artimuses !

 

Date de sortie : 24 mai 2017

Durée : 2h 09min

De : Joachim Rønning, Espen Sandberg

 

 

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