[Ciné] Critique : Le Tout Nouveau Testament

Affiche-Le Tout Nouveau Testament

Jaco Van Dormael, un nom que je connaissais sans le savoir à travers le très brillant Mr Nobody qui divisa pourtant les critiques. L’occasion de comprendre, même après la projection du Tout Nouveau Testament et des premières critiques chuchotées que la vision du réalisateur fait l’objet d’un schisme. Concrètement : on aime ou on déteste sa vision des choses.

Dieu est Belge et habite à Bruxelles. Juché depuis on ne sait combien de temps au sommet d’une tour de béton, le divin régit le monde et l’humanité au moyen d’un simple ordinateur. Problème, c’est un enfoiré intégral. Sadique, mesquin, violent et alcoolique, martyrisant sa femme et sa fille, regrettant à peine la disparition du fiston Jésus il y a bien longtemps.

Tout comme son frère, Ea est une rebelle. Atterrée du comportement de son père, elle décide de mettre du bazar dans l’ordre établi, divulguant au monde entier ses dates de décès respectifs puis débarquant dans la ville Belge pour y rédiger un tout nouveau testament en choisissant 6 nouveaux apôtres.

Le tout nouveau testament

Attention petit chef d’œuvre, avec des mais. Des mais car tout le monde n’accrochera pas à l’approche méandreuse du réalisateur, à la fois très épurée, naïve et crue, et complexe, suivant le niveau de lecture.

Van Dormael mélange ici l’humour noir Belge à l’humanisme caractéristique de ses films. Se mêlent ainsi scènes hilarantes et textes acerbes à une vision parfois cruelle et injuste des choses. Le rapport à la mort et à la violence, toujours traités différemment par les personnages, prend toujours comme base un Dieu immonde et terriblement humain. Subtile, l’approche des personnages se fait toujours de manière semi-plausible. Le réalisateur développe alors une impression surréaliste de personnages humains et accessibles, mais acceptant aveuglement leur destin comme s’ils le voyaient depuis un nuage. Une approche qui ne se voit pratiquement que dans la bible (apôtres) ou dans les romans de la table ronde (chevaliers).

Le Tout Nouveau Testament (3)

L’histoire, découpée en scènes entrecroisées, est relativement classique dans sa progression. La forme en revanche est un petit bijou d’humour noir typiquement Belge. A la fois hilarant et sans pitié (des sujets dont on n’oserait plus se moquer en France), Le Tout Nouveau Testament se construit tout en contraste, de l’innocence poussée à l’extrême d’Ea jusqu’aux recoins les plus abjects de l’humanité dans un Dieu incarné par un Poelvoorde parfait dans son rôle.

D’une manière générale le casting est excellent, que ce soit la très jeune Pili Groyne (Ea), François Damiens excellent en tueur fataliste, et Catherine Deneuve que je ne connaissais pas dans un tel registre.

Le Tout Nouveau Testament (4)

Je ne conseillerai pas ce film à tout le monde, ne serait-ce que pour son rythme lent et son esthétique pale voire froide. Bien qu’il soit classé en comédie, il serait injuste de le rabaisser à un seul genre. Alexandre Astier citait la comédie comme le vernis d’une (si possible bonne) histoire, cela n’a jamais été aussi vrai. L’histoire peut être vue sous différents degrés, du point de vue de l’espoir jusqu’à une impression de tristesse profonde, en dépit de ses scènes comiques.

 

Un film intelligent, brillant, et pourtant simple, aussi profond que le spectateur voudra bien le voir, Le Tout Nouveau Testament est une réussite.

 

Date de sortie : 2 septembre 2015

Durée : 1h52min

Réalisé par : Jaco van Dormael

Avec : Pili Groyne, Benoît Poelvoorde, Marco Lorenzini, Yolande Moreau

Le Tout Nouveau Testament (2)

2 Comments

  1. 19 août 2015
    Reply

    Merci pour cette belle découverte
    Du coup Mission Impossible passera en second choix pour ma prochaine séance ^^

  2. Atanas
    8 septembre 2016
    Reply

    Est-ce que le film ‘‘Le tout nouveau testament’’ est uniquement un film blasphématoire?
    Eh bien non, ce n’est pas uniquement un film satanique, antichrétien et faisant la promotion de la théorie du genre. Non c’est également le plagiat inversé d’un livre datant de 2010 et écrit par un chrétien.
    Le titre du livre: 18 la prophétie: 1- à l’aube du premier jour.
    Le nom de l’auteur: Atanas Ivanov Koutrev.
    Les similitudes entre les deux œuvres sont troublantes.
    Le livre en question est un mélange de religion, de fantastique, de philosophie avec un peu d’humour.
    Le film également.
    Le livre est une version moderne et rock and roll de la Bible.
    Le film également.

    Dans le livre, un jeune homme de 18 ans, vivant à Paris commence à avoir des songes prophétiques, suite à cela, il comprend qu’il doit partir à la recherche de 18 prophètes pour sauver le monde. Il prêche la fin du monde matérialiste et le nombre 18 revient constamment au sein de l’ouvrage.
    Dans le film, une jeune fille vivant à Bruxelles décide suite à une rébellion vis-à-vis de Dieu, de partir à la recherche de 6 apôtres pour compléter les 12 de Jésus-Christ afin d’arriver au nombre 18. Elle prêche le matérialisme et la rébellion vis-à-vis de Dieu. Le nombre 18 revient constamment au sein du film, sans que personne ne puisse expliquer pourquoi, ce qui n’est pas surprenant car l’auteur ne le révèle que dans le tome 4, or les réalisateurs ont clairement plagié le tome 1.
    La scène du film dans laquelle la jeune fille est debout face à la fenêtre de son immeuble vient directement du premier songe du livre.
    La tour de Dieu dans le film ressemble visuellement à l’illustration de la Compagnie Denver dans le livre.
    En image subliminale pendant la séquence avec le petit garçon au chapeau noir, on voit une montagne qui ressemble à la montagne sur la couverture du livre.
    La première partie du livre évoque de nombreux songes prophétiques, idée reprise dans le film.
    La seconde partie du livre raconte l’histoire du jeune homme lorsqu’il part à la recherche des 18 personnes de son premier songe. Chacun de ses apôtres a son propre chapitre, le tout selon un découpage minutieux afin que chacun ait sa partie bien spécifique. Idée également reprise dans le film.
    Dans le livre, Dieu guide le personnage principal via des songes.
    Dans le film, Dieu est un salaud, combattu par le personnage principal, ce qui rend le travestissement du message de l’auteur d’autant plus grave. Le but du réalisateur étant clairement de manipuler l’information afin que le public ne puisse pas connaître la vérité sur le nombre 18.
    Dans le livre, dans le chapitre 35 de la seconde partie, le personnage principal se retrouve face à ce qu’il croit être un miroir alors qu’en réalité il s’agit d’une baie vitrée derrière laquelle il voit quelqu’un qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Cela fut également repris dans le film, il s’agit de la scène du miroir avec François Damiens. Impossible pour le spectateur d’y trouver un sens sans avoir lu l’ouvrage en premier.
    Dans le film, le petit garçon au chapeau noir est peut-être une référence à l’homme au chapeau noir du livre.
    Dans le film, la scène sous la pluie dans laquelle la jeune fille écarte les bras est une reprise du chapitre 38 de la seconde partie du livre.
    Dans le film, la jeune fille reconnaît elle-même que ce n’est pas à elle d’écrire ce nouvel évangile, et que fait-elle? Elle choisit un clochard au hasard et dyslexique de surcroît. C’est ainsi que le réalisateur voit l’écrivain en question, comme un clochard qui peut-être piétiné par lui car étant moins puissant financièrement. Plus tard dans le film, on apprend que le clochard aurait passé 6 mois en prison. Dans le livre, le personnage principal finit par embrasser la passion Christique sous forme d’emprisonnement carcéral qui durera en tout et pour tout 6 mois. Dans le film, on voit à la fin le clochard dédicacer des livres, tout comme l’auteur le fait dans la vraie vie.
    Dans le film, la fille et le clochard se rendent dans un endroit qui ressemble à l’illustration de la planète 8 du livre.
    Dans le livre, il n’y a pas de place pour la sexualité.
    Dans le film, il n’y a que ça. L’homosexualité y est mise en avant comme une qualité via le dernier apôtre, sans parler de la zoophilie.
    Dans le chapitre 40 de la troisième partie du livre, il y a un passage de réflexion évoquant des oiseaux, c’est également le cas dans le film.
    Pour ce qui est de l’identité de la jeune fille du film. Il ne faut pas chercher bien loin, car dans le livre, dans le chapitre 31 de la troisième partie, le méchant de l’histoire tombe sur une fille qui lui rappelle le personnage principal, car elle est dotée de la même lumière.
    Dans le livre, dans la seconde partie, le personnage principal dit à un de ses futurs apôtres de lâcher son arme en échange d’un cappuccino. Dans le film, la jeune fille en fait de même face à François Damiens.
    Dans une Interview qui date de début 2013, l’auteur du livre a dit que chaque musique représentait pour lui un livre différent.
    Dans le film, ils ont également repris cela, car la jeune fille dit que chaque personne a sa propre musique intérieure.
    Finalement quand on enlève du film tous les éléments qui viennent du livre, que reste-t-il?
    Il reste des blasphèmes, de la nudité, de la zoophilie, de la théorie du genre, un poisson qui chante, des poulets dans une salle de cinéma, des machines à laver, des SMS et… et c’est tout en fait. Cela fait peu pour un film de deux heures. Et on constate que certains satanistes sont prêts à investir des millions pour inverser le message d’un chrétien indépendant. Message qui bien que le livre soit fantastique, est tiré de faits réels.

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