[Ciné] Critique : La glace et le ciel

Affiche La glace et le ciel

D’univers poétiques en réalités plus glaçantes, Luc Jacquet continue son bonhomme de chemin à travers des films à la fois poétiques et intelligents. Aucune surprise de le voir adoubé par ses pairs dès son premier long métrage (Oscar pour la marche de l’empereur). Son petit nouveau, La Glace et Le Ciel, apparait vite comme le plus personnel et sans doute le plus tragique. Le plus réussi ?

La glace et le ciel dépeint à travers des images d’archives (ponctuées de prises de vues modernes) la vie et le cheminement de Claude Lorius, Glaciologue Français parmi les premiers à avoir fait le lien entre la concentration en CO2 et le réchauffement climatique, mettant en lumière son dérèglement.

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Malgré son aspect moins féérique, sans doute plus convenu visuellement, qu’Il était une Forêt, La Glace et le Ciel est pourtant tout aussi brillant. Essentiellement raconté à travers une narration simple mais efficace et une voix off apaisante et parfois enthousiaste, ce film possède la fameuse touche Jacquet : alerter sans donner de leçon, construisant lentement son histoire, comme un véritable cheminement, partant d’un tout jeune Lorius parcourant un continent encore presque inconnu, jusqu’à cet homme vieillissant et fatigué de se confronter au scepticisme puis aux enchainements sans fin de protocoles et de traités politiciens.

La richesse de la narration qui, si elle fut le travail de Jacquet, s’appuie clairement sur l’amitié entre les 2 hommes. A demi-mot, Jacquet ayant même avoué que ce documentaire avait un côté libératoire pour Lorius.

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Peu voire pas d’effets visuels, l’essentiel de l’histoire s’est ainsi faite via un travail de rassemblement, de recherche et de restauration de bobines, certaines quasi détruites. De fait, Ce film semble bien plus lent, bien plus académique que les autres Jacquet. Certains le trouveront ennuyeux, peut-être inadapté au cinéma, travail d’archive avant d’être un vrai film. L’intérêt semble pourtant autant dans l’image que dans la narration. Et s’il apparait comme le plus classique de ses films, il est aussi le plus grave. Malgré tout, il n’est pas moraliste ou emphatique, certains ressortirons en se disant « oui et alors ? On le savait déjà ». Bref, je ne vous le conseillerais pas en tant que divertissement ou pur spectacle visuel. Et sans être complexe, il n’a pas l’immédiateté d’une Marche de l’Empereur.

Un film à la croisée de la narration et de l’hommage, déroulant une vie de passion avec une terrible vérité en fond. Pas aussi immédiat que ses autres créations, Jacquet place le fond avant la forme dans un film qui, aussi brillant soit-il, divisera les foules.

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