[Critique Ciné] Le retour de Mary Poppins

Les remakes live, loin d’être dans leur phase descendante chez Disney, commencent déjà à me sortir par les yeux. Cela tombe bien, ce n’est absolument pas ce qu’est Le Retour de Mary Poppins. Suite d’une comédie musicale culte, y compris pour moi encore que maintenant très lointaine, ce film ne se contente pas de refaire l’original à l’identique mais de placer l’histoire une génération après. De quoi réussir le difficile exercice d’oscillation entre nouveauté et fidélité au matériau de base ?

Michael Banks travaille à la banque où son père était employé, et il vit toujours au 17 allée des Cerisiers avec ses trois enfants, Annabel, Georgie et John, et leur gouvernante Ellen. Comme sa mère avant elle, Jane Banks se bat pour les droits des ouvriers et apporte son aide à la famille de Michael. Lorsque la famille subit une perte tragique, Mary Poppins réapparaît magiquement dans la vie de la famille. Avec l’aide de Jack, l’allumeur de réverbères toujours optimiste, Mary va tout faire pour que la joie et l’émerveillement reviennent dans leur existence… Elle leur fera aussi découvrir de tout nouveaux personnages plein de fantaisie, dont sa cousine, l’excentrique Topsy.

Comme d’habitude avec les remakes, je ne m’attendais à rien. Mais avant de faire une analyse un peu plus détaillée, un point me frappe, un point que je retrouve dans pratiquement toutes les prods Disney récentes après quelques jours : j’ai l’impression d’avoir tout oublié, de n’avoir rien traversé de marquant, de vraiment inoubliable. Tout est très agréable pendant la diffusion, pendant les heures qui suivent, mais aucune envie de m’y replonger, de vouloir vraiment le défendre ou le rabaisser, comme si le syndrome Avengers me gagnait aussi chez les classiques de tonton Mickey.

Ceci étant dit, l’œuvre est parfaitement agréable. Bon film soignant particulièrement sa photo et sa mise en scène, ne prenant aucun risque sur son scénario façon épisode 7 de Star Wars, proposant un divertissement fleurant bon son modèle de 1964. Un peu trop lisse, sans doute, pas assez personnel du point de vue de la réalisation, trop classique selon nos codes actuelles pour devenir culte. Mais allez savoir !

L’accent est mis sur l’amour du premier volet, que ce soit dans l’esthétique à la fois plus moderne mais tout aussi vieux Londres fantasmé, son éclairage et ses couleurs carton-pâte. Visuellement le film est irréprochable, particulièrement dans les nombreuses scènes chantées, souvent très (trop ?) proches dans le thème que le premier. Des ramoneurs mais modernisés, une scène mélangeant prise de vue réelle et dessin animé mais modernisée. Cette dernière scène est particulièrement intéressante et signe que, malgré tout, Disney laisse un peu de place aux anciennes méthodes. Ainsi, on retrouve un procédé (mélange réel/dessin) qu’on avait plus vraiment vu au cinéma depuis 15 ans, un procédé devenu culte avec le film Qui veut la peau de Roger Rabbit, et bien sûr dans une des scènes du premier Mary Poppins. Rien que pour ce genre de petites perles, le film vaut la peine d’être vu. L’œuvre est par ailleurs truffée de clins d’œil (dont beaucoup m’ont sûrement échappé) à l’original.

Petit coup de cœur pour l’acteur jouant le rôle de Jack (Lin-Manuel Miranda), le remplaçant de Dick Van Dyke en tant que ramoneur de l’histoire. Emily Blunt, prenant la relève de la super nanny, démarre un peu poussivement, en mode automate, puis devient vraiment intéressante quand l’histoire s’accélère. Car oui, le rythme est un peu lent malgré l’histoire tenant sur un post-it mâchonné. Le film tape ses deux heures et cela se ressent à certains moments, ce qui est d’autant plus dommage qu’il plairait à mon avis bien plus aux enfants, n’ayant pas forcément le repère du premier.

Que dire de plus ? Le film est plaisant, les personnages plus attachants qu’on ne pourrait le croire, un très gros travail d’animation, de chants et de chorégraphie sans jamais perdre de vue son modèle. Bref, un bon moment à passer, mais sans trop sage pour faire vraiment rêver.

Date de sortie : 19 décembre 2018
Durée : 2h 11min
De : Rob Marshall
Avec : Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda, Ben Whishaw

 

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