Archives de la Catégorie : Cinéma

Déc 13

[Ciné] Critique : Rogue One: A Star Wars Story

<Cette critique ne contient ni spoiler, ni intrigue, ni photos (hors affiche), juste mon avis après la projection presse française !>
rogue-one-critique-sans-spoiler-affiche
Étant fan de Star Wars depuis longtemps, j’avais accueilli tièdement la nouvelle du rachat de Lucasfilm par Disney et du chantier quasi immédiat de nouveaux épisodes. Puis j’avais été rassuré l’année dernière avec un bon épisode 7 malgré la ressemblance avec l’épisode 4. Cette année, je n’avais rien vu de Rogue One à part le tout premier teaser assez mystérieux et sombre qui tranchait alors avec la saga. L’idée d’un spin-off assez différent du reste de la saga était à la fois séduisante et inquiétante. 

Que les fans se rassurent, Rogue One est bien un vrai épisode de Star Wars, un excellent même ! J’ai vraiment adoré le film, c’est un très bon Star Wars mais c’est aussi un bon film de guerre avec des scènes d’action et un univers StarWarsien au top ! De nouvelles planètes, des nouveaux véhicules et héros, des nouveaux méchants mais aussi du fan service qui fait vraiment plaisir. 

Le réalisateur Gareth Edwards (Godzilla..) a très bien équilibré le film qui n’est pas trop long, bien rythmé avec des plans magnifiques. 

rogue-one-critique-sans-spoiler

Hormis quelques stars qui sont impeccables au passage, les nouveaux personnages sont dans l’ensemble très réussis. Mention spéciale au droïde de cet épisode drôle et sans filtre ! L’héroïne jouée par Felicity Jones est parfaite, je trouve ça cool que les premiers rôles des Star Wars soient des femmes !

Les effets spéciaux sont toujours très convaincants, surtout ceux qui mettent en scène des personnages numériques, c’est bluffant ! ILM est toujours au top ! J’ai vu le film en IMAX 3D au Pathé Quai d’Ivry, la qualité visuelle est dingue ! La 3D était bonne, pas indispensable (en numérique non 3D ça sera très bien aussi !).

J’aurais tellement de choses à dire sur le film, mais ça serait dévoiler l’intrigue et donc je ne veux pas spoiler !

Au final j’ai vraiment adoré ce Rogue One, maîtrisé de bout en bout et qui plaira à tous les fans de Star Wars mais aussi, qui sait, aux autres. 

 

Date de sortie : 14 décembre 2016

Durée : 2h 14min

De : Gareth Edwards (II)

Avec : Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn..

Déc 12

[Ciné] Critique : The Birth of a Nation

the-birth-of-a-nation-affiche

Attention, sujet dangereusement épineux. The Birth Of A Nation n’est pas seulement un film militant, grave et violent. Il est la réponse, 100 ans après (101 ans très exactement) à l’un des films les plus controversés de l’histoire, autant chef-d’œuvre que brûlot raciste d’un des 3 pères du cinéma, David Wark Griffith. En œuvre homonyme de The Birth Of A Nation, Nat Parker s’y oppose de manière frontale, pour mieux le phagocyter tout en prenant le risque de raviver les tensions raciales, en particulier aux USA et son contexte difficile, d’autant plus marqué par l’ère Trump. N’est pas génie qui veut, et Parker ne parait armé que de son politiquement correct en étendard. Assez pour faire vaciller un mythe ?

Trente ans avant la guerre de Sécession, Nat Turner est un esclave cultivé et un prédicateur très écouté.
Son propriétaire, Samuel Turner, qui connaît des difficultés financières, accepte une offre visant à utiliser les talents de prêcheur de Nat pour assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, et en avoir lui-même souffert avec son épouse, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté…

the-birth-of-a-nation-4

S’il est sans nul doute un film marquant, The Birth Of A nation est d’un classicisme décevant dans sa construction et dans sa technique. Beaucoup d’envolées emphatiques à coups d’artifices, de chants bien sentis, mais finalement peu de génie dans cette œuvre gonflée à l’émotion. Cru, sans concession, très personnelle, mais qui n’amène pas autre chose qu’un défonçage de portes ouvertes sur l’esclavagisme, esclavagisme dont notre œil actuel peinerait à justifier l’idée même. Ainsi on ne dépasse jamais le manichéisme, ni pour l’homme blanc ni pour l’homme noir, l’un toujours bon l’autre mauvais. Reste que l’œuvre veut prendre aux tripes et le réussit plutôt bien, on ne ressort pas totalement indemne de la projection, à défaut d’en sortir changé. Tout ici nous pousse à l’évidence, tout ici est critique de l’esclavagisme, tout ici parait réfléchi, de manière intelligente mais sans doute trop consensuelle. Le film reste toujours dans une trame presque prévisible.

the-birth-of-a-nation-3

S’appuyant sur une histoire vraie, on saluera le travail prenant encore ici à contre-pied l’œuvre de Griffith qui fantasmait son histoire Américaine à coup de race sacré et mythologique. Néanmoins, Parker aurait sans doute dû se restreindre à l’exactitude historique la plus stricte. Il s’en approche bien sûr, mais laisse la porte suffisamment ouverte. Vu avec le recul historique comme le prototype de l’illuminé religieux, le personnage de Turner est dépeint ici avec la progression classique du héros vengeur, à peine plus, occultant par exemple ses meurtres de femmes et d’enfants. On ne comprend ainsi plus bien, à la fin du film, quel est le message véhiculé, tant celui-ci oscille sans cesse entre offre consensuelle et présentation dérangeante de l’histoire. Le prendre en message de paix parait excessivement difficile, le prendre au premier degré (affrontement manichéen entre blancs et noirs) parait trop simpliste. Ainsi ce film semble toujours entre deux eaux, complexité aussi affolante que l’histoire Américaine d’une part, rapport millénaire des peuples de l’autre.

the-birth-of-a-nation-2

Le fait est que The birth Of A Nation est un film entier, viscéral, plein, mais pourtant classique et pas assez développé, qui de fait ne pourra totalement convaincre, du moins pas sans casse. Si son propos, tel que décrit ou sermonné par son réalisateur, est empreint d’humanisme, celui-ci est loin d’être évident et l’impact qu’il risque d’avoir pourrait être tout autre. Les affaires personnelles de son auteur, la dimension excessivement Manichéenne des choses, tout cela risque d’en faire (et cela est déjà le cas) un film qui divise. A voir néanmoins, absolument, ne serait-ce que pour se rappeler que l’homme, si horrible soit-il, n’est parfois que le reflet de son temps, que l’horreur ne se voit que dans les yeux de celui qui le juge.

 

Date de sortie : 11 janvier 2017

Durée : 1h 50min

De : Nate Parker

Avec : Nate Parker, Armie Hammer, Penelope Ann Miller

Nov 29

[Ciné] Critique : Sully

affiche-sully-clint-eastwood-tom-hanks-3

Une histoire vraie. Une de plus pour le géant Clint Eastwood. Loin de la grande claque American Sniper, Sully se concentre sur l’histoire plus médiatique et en apparence plus simple du commandant de bord Chesley Sullenberger, alias Sully, lors de l’amerrissage du vol 1549 dans l’Hudson en 2009. Une histoire ultra-médiatisée à l’époque, mais dont la face sombre à savoir l’enquête qui le suivi est presque inconnue. Une réussite de plus pour le réalisateur ? Sur le papier le sujet parait un peu mince pour un film, mais qui sait.

Le 15 janvier 2009, le monde a assisté au « miracle sur l’Hudson » accompli par le commandant « Sully » Sullenberger : en effet, celui-ci a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi la vie des 155 passagers à bord. Cependant, alors que Sully était salué par l’opinion publique et les médias pour son exploit inédit dans l’histoire de l’aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation et sa carrière.

sully-clint-eastwood-tom-hanks-4

Bon film, Sully l’est incontestablement, mais je ne pourrais pas dire qu’on le regarde avec plaisir tant l’exercice parait éloigné, par exemple, du génial Américan Sniper, qui sans être plus complexe déroulait une virtuosité (le sujet s’y prêtait sans doute plus) sombre et dérangeante, là où Sully suit la logique d’héroïsation de ses personnages sans jamais vraiment les égratigner. Sully est ainsi plus un film hommage à une personne qui le mérite, mais qui se retrouve dans une production bien sage et classique. Peu de surprise ou d’envolées en dehors des scènes Money Shot.

Reste que la/les scènes décrivant l’accident en lui-même valent le détour, magistralement mise en scène et sans exagération autre que les histoires d’hommes et de femmes, très bien documentées, sans doute un brin romancées. Dans cette optique, Eastwood n’a rien perdu de sa capacité à rentrer la tête des gens, à nous faire ressentir les émotions de ses personnages, à toujours les humaniser même lorsqu’il les porte en héros.

sully-clint-eastwood-tom-hanks-5

Comme toujours, Tom Hanks assure avec brio l’exercice, dans un Sully sur le fil, acclamé par le public mais presque brisé en privé. Même constat pour Aaron Eckhart en copilote (acteur trop peu exploité à mon humble avis).

Bref, Sully n’est clairement pas un énième film catastrophe tant Clint Eastwood possède une patte qui lui est propre, de même qu’il sait toujours s’extraire de l’apparente simplicité de ses sujets. En cela le film vaut le coup d’œil et un grand écran pour en profiter, il n’est simplement pas son meilleur car presque classique, vu sa filmographie il n’y a rien d’honteux.

 

Date de sortie : 30 novembre 2016

Durée : 1h 36min

De : Clint Eastwood

 

sully-clint-eastwood-tom-hanks-2 sully-clint-eastwood-tom-hanks-1

 

 

Nov 18

[Ciné] Critique : Premier contact 

premier-contact-affiche-fr

Denis Villeneuve est un réalisateur atypique qui a sû se forger une bonne réputation chez les amateurs de cinéma même s’il est quasi-inconnu du grand public. Son dernier film est tiré d’un livre et raconte l’arrivée d’une race extra-terrestre sur terre et le besoin de communiquer avec eux pour connaître leurs intentions. Un des premiers intérêts du film est de suivre une spécialiste du langage, chargée de la lourde tâche de communiquer avec eux. On apprend pas mal de choses intéressantes. Ça change des ricains qui veulent tout faire péter, rassurez-vous il y en a aussi. Je n’en dirais pas plus sur l’histoire pour ne pas spoiler. En tout cas fuyez la bande-annonce (et les images choisies pour illustrer cet article ne spoilent pas non plus)

premier-contact-2

Le rythme du film est lent, il dure 2h et il n’y a pas vraiment de scène d’action (non, non ne partez pas !!) mais l’intérêt du film est ailleurs. L’ambiance sonore du film est impressionnante et même étouffante (ça m’a fait penser à certains passages d’Interstellar). Premier Contact est prenant et possède un twist final assez original. De la science-fiction intimiste, intelligente et complexe.

premier-contact-1

Les acteurs ne sont pas en reste, avec une Amy Adams qui livre une prestation juste, brillante et émotionnelle. Jeremy Renner est discret et fait le taf. Quant à Forest Whitaker, il est toujours impeccable.
Il y a des films qu’on regarde et d’autres que l’on ressent. J’ai ressenti beaucoup de choses pendant ce film.

 

Premier contact est un film puissant, remarquablement bien filmé et à contre-pied des blockbusters habituels sur le sujet. Un film à voir absolument !

 

Date de sortie : 7 décembre 2016

Durée : 1h 56min

De : Denis Villeneuve

premier-contact-4

Oct 19

[Ciné] Critique : Jack Reacher: Never Go Back

Affiche-jack-reacher-never-go-back

Le premier Jack Reacher était une bonne surprise, du suspense, de l’action mais pas à l’overdose. Le seul bémol du film était Jack, une sorte de Monsieur Je-sais-toujours-quoi-faire-au-bon-moment, caricature américaine d’un super homme.

Le second volet que l’on attendait pas est cette fois entièrement dédié à Jack, qui hélas est toujours aussi balèze pour savoir qu’on le suit, bref c’est toujours Monsieur Je-sais-toujours-quoi-faire-au-bon-moment.

Tom Cruise plays Jack Reacher in Jack Reacher: Never Go Back from Paramount Pictures and Skydance Productions

Le film n’est pas mauvais, en fait en tant que divertissement pur et dur il se regarde sans souci. Si le côté américain parfait mais rebelle au coeur d’or ne vous gêne pas, vous allez trouver Tom Cruise bon et même efficace. Et il y a un paquet de scène d’action dans le film, de ce côté pas grand chose à dire.

Patrick Heusinger plays The Hunter in Jack Reacher: Never Go Back from Paramount Pictures and Skydance Productions

Et puis il y aurait tant de choses à dire sur ce qui ne va pas, sur ce qui n’est pas logique, des futilités comme des détails qui sautent aux yeux. Du coup difficile de recommander ou de ne pas recommander ce film. Cela dépend de votre niveau d’exigence et d’attente face à un film d’action.

Cobie Smulders plays Turner in Jack Reacher: Never Go Back from Paramount Pictures and Skydance Productions

Niveau acteur, Tom Cruise fait parfaitement le Jack Reacher, ce qui vous l’aurez compris n’est pas forcément un compliment. Robin de HIMYM Cobie Smulders est à l’aise dans le rôle de la femme d’armée forte et indépendante et le film a au moins le mérite de ne pas nous servir une romance foireuse sortie de nulle part. Quant au méchant de l’histoire, ce mercenaire est la copie conforme de Jack du côté obscur, le mec est toujours là au bon moment. Enfin la gamine du film est assez énervante (c’est le rôle qui veut ça) et a tendance à se mettre dans des situations débiles (ou prévisibles).
 

Au final, la suite de Jack Reacher n’est pas un mauvais film mais cumule pas mal de clichés qui au pire vous gêneront et au mieux vous passeront au dessus pour profiter d’un divertissement efficace bien qu’assez classique. 

 

jack-reacher-never-go-back-2

Oct 12

[Ciné] Critique : Captain Fantastic

affichecaptainfantastic

Acteur habitué aux seconds rôles, Matt Ross est bien méconnu en tant que réalisateur et pour cause, Captain Fantastic est sa première réalisation d’envergure. D’envergure, car son succès est suffisamment important pour le faire sortir du circuit purement indépendant. Mais il ne faut pas se tromper avec ce film, il reste totalement indépendant, et cela transpire jusque dans ses moindres détails.

Dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, vivant isolé de la société, un père dévoué a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes.
Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris.

CAPTAIN FANTASTIC

Tout d’abord, ne pas s’attendre à autre chose qu’un film indépendant, dans la tradition Sundance, qui s’il n’a rien de cryptique perdra beaucoup de spectateurs dès le début. Roadmovie assez classique de prime abord, jusque dans ses codes esthétiques, l’intérêt du film réside dans la finesse du propos, confrontant une Amérique à une autre, l’une civilisée mais considérée comme à bout de souffle, l’autre survivaliste mais éclairée, avec tout ce que cela comporte, passablement inadaptée au monde moderne. Sur ce simple constat Matt Ross déroule un film absolument brillant, fait d’absurde et de situations décalés, parfois de doutes, ne cessant de questionner par petites touches l’une et l’autre des idéologies.

CF_00391 Shree Crooks stars as Zaja in CAPTAIN FANTASTIC, a Bleecker Street release. Credit: Wilson Webb / Bleecker Street

Le propos reste un peu plus difficile à transposer en Europe tant il soulève le principe même des USA, mais reste parfaitement compréhensible et appréciable. Difficile de prendre le film en défaut tant il maîtrise de bout en bout son sujet… il n’y a à vrai dire que sa forme que l’on peut décrire de scolaire. Par ailleurs le film ne tente pas, ou très peu, de briser son postulat de départ, encore qu’il amène une fin ouverte, largement sujette à l’interprétation. Si tous les acteurs, même les plus jeunes, rendent une excellente copie, le film est porté à bout de bras par Viggo Mortensen, père à mi-chemin entre survivaliste, hippie et sage antique, désirant élever ses enfants en « rois philosophes ». Toujours par petites piques, le réalisateur rejette une idée fondatrice de ce pays à savoir les religions organisées, Christianisme en tête, engagement suffisamment fort pour lui valoir des détracteurs outre Atlantique. En somme, un film qui fera suffisamment réfléchir celui qui s’y ouvre, mais qui ne risque pas de retourner l’opinion des autres.

Captain Fantastic n’est ni de ces films grandioses ni de ces chefs d’œuvre amenés à rester, mais marque tout de même de son empreinte le cinéma d’auteur Américain, toujours bien plus brillant que l’on pourrait le penser. A voir pour s’aérer l’esprit dans une petite bouffée d’intelligence.

 

Date de sortie : 12 octobre 2016

Durée : 1h 58min

De : Matt Ross

CF_00991_R_CROP (l to r) Kathryn Hahn stars as Harper and Steve Zahn as Dave in CAPTAIN FANTASTIC, a Bleecker Street release. Credit: Erik Simkins / Bleecker Street

 

 

Oct 04

[Ciné] Critique : Miss Peregrine et les enfants particuliers

affiche_miss_peregrine_et_les_enfants_particuliers

Adaptation d’un roman à succès, Miss Peregrine et les enfants particuliers parait, de loin, comme une énième tentative de retour au premier plan de Tim Burton, dont l’image sans cesse en dents de scie (plutôt proche du sol) ne cesse d’agacer depuis 2003 et le très bon Big Fish. Une esthétique très Burtonnienne au vue des premières images, mais on ne sait jamais ce que nous réserve cet être si atypique du cinéma.

 

À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs …  et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre « particularité » peut sauver ses nouveaux amis.

miss_peregrine_et_les_enfants_particuliers-3

Tout d’abord, je n’ai lu aucun des livres rattachés à cet univers, j’aborde donc cette critique comme purement filmique.

Dire que ce film signe le grand retour de Burton serait exagéré, mais il y a dans Miss Peregrine un relent des premières amours du cinéaste, une époque décomplexée et créative assez folle. Nous sommes loin d’un Beetlejuice bien sûr, mais l’homme manie son sujet avec passion et poésie. On se retrouve ainsi, dernière demi-heure mise à part, dans un très bon film, à la fois beau, humoristique, n’oubliant jamais d’être sombre.  Dernière demi-heure mise à part, car celle-ci parait expédiée par manque de temps, le rendant plus proche du blockbuster sympathique et enfantin qu’autre chose. Passé cet écueil, et si l’on fait l’impasse sur le Burton qui fait du Burton, on ne peut que se réjouir de cet énième exercice réussit. Le réalisateur ne tombe pas dans sa caricature comme il le faisait dans Dark Shadows, et se permet quelques petites audaces et clins d’œil au passé.

miss_peregrine_et_les_enfants_particuliers-6

De même, la mise en scène retrouve chez lui un second souffle, un poil plus plate que dans son âge d’or, mais un cran au-dessus de ce qu’il fait depuis des années.

Un peu amorphe, l’acteur principal est heureusement épaulé par d’excellents acteurs, Eva Green par exemple, qui assume jusqu’au bout son rôle de nouvelle Anna Bonham Carter. Reste qu’avant les acteurs, c’est encore une fois l’univers et les petits détails qui sont mis en avant : la particularité de chaque personnage, une petite scénette en animation stop motion, quelques codes d’humour noir, des passages enchanteurs. On sent que Burton s’est amusé et cela fait plaisir à voir. On passera ainsi sur le dénouement de l’intrigue, en décalage avec le scénario très sombre, laissant les méchants passer d’entités effrayantes à pantins pas bien dangereux, pour retenir la très bonne expérience que constitue ce film.

miss_peregrine_et_les_enfants_particuliers-1

Miss Peregrine et Les Enfants Particuliers est le film que l’on n’espérait plus du côté de Burton, qui s’il ne signe pas un chef d’œuvre reprend sans trébucher ce qu’il fait le mieux, baignant constamment l’ensemble entre onirisme et noirceur.

 

Date de sortie : 5 octobre 2016

Durée : 2h 07min

De : Tim Burton

Miss Peregrine's Home For Peculiar Children TM & © 2015 Twentieth Century Fox Film Corporation.  All Rights Reserved.  Not for sale or duplication.

 

 

Juil 05

[Ciné] Critique : « Hibou » de Ramzy

Hibou-ramzy-2016 (2)

Ramzy réalise son premier film en solo et propose un film intimiste qui sonne juste dans ses intentions, avec une critique de la solitude dans notre société. En effet Rocky est loin d’être un winner. Ses collègues ne l’écoutent pas, il est quasi invisible aux yeux de la société.

Le film fait penser à Amélie Poulain (l’esthétique en moins) dans une ville et un pays inconnu, avec de la tendresse et de l’humour absurde.

Hibou-ramzy-2016 (1)
Ramzy est plutôt bon dans son rôle même si plusieurs moments sont surjoués là où un peu de finesse aurait aidé le film. Les seconds rôles sont réussis avec notamment Philippe Katerine en voisin très particulier mais aussi le proprio d’une animalerie à l’humour spécial. Eric est bien sûr de la partie et livre une prestation convaincante. A noter la participation de Guy Marchand assez touchante même si elle est brève. Quant à Elodie Bouchez, on ne la voit que 10 secondes dans le film, mais elle est resplendissante.
Le film est difficilement classable tant il ne suit pas de logique, n’explique rien mais raconte juste une histoire burlesque. L’idée du déguisement de Hibou permet à Ramzy de s’éloigner de son rôle habituel, de se libérer et de faire plus facilement de la poésie.

Hibou-ramzy-2016 (3)

Au final ce premier film est un ovni inclassable tendre et absurde, qui est bourré de défaut mais attachant. 

 

Date de sortie : 6 juillet 2016

Durée : 1h 23min

De : Ramzy Bedia

Avec : Ramzy Bedia, Élodie Bouchez, Etienne Chicot, Philippe Katerine, Eric Judor

Juin 22

[Ciné] Critique : Le monde de Dory

Affiche-Le-monde-de-dory-Pixar

Étant un grand fan de Pixar, j’avais adoré (comme le reste de la planète) le monde de Nemo pour son monde coloré et ses personnages attachants. Donner une suite à ce film paraissait une mauvaise idée mercantile, il n’en est rien grâce à la particularité de Dory : elle n’a pas de mémoire, elle ne se rappelle de rien jusqu’au jour où des bribes d’infos lui reviennent sur sa famille… Je ne détaillerai pas plus le scénario, assez classique mais l’intérêt n’est pas là.

(Pictured) DORY. ©2013 Disney•Pixar. All Rights Reserved.
D’emblée je remarque que Pixar n’a pas amélioré visuellement les personnages. On est loin d’avoir le tout dernier rendu réaliste mais le but ici est de proposer une suite fidèle au premier. C’est une bonne chose car on pourra regarder les 2 à la suite sans se dire « ah comment il a mal vieilli le 1 ! » Attention c’est tout de même très joli et ça se remarque surtout sur Marin pour moi.

FINDING DORY – Marlin and Nemo get guidance from a pair of lazy sea lions in an effort to catch up with Dory. Featuring Idris Elba as the voice of Fluke and Dominic West as the voice of Rudder, "Finding Dory" opens on June 17, 2016. ©2016 Disney•Pixar. All Rights Reserved.
J’ai aimé les moments de doute des personnages, les erreurs qu’ils font les rendent encore plus humains. Les nouveaux personnages sont dans l’ensemble réussis. Mention particulière au poulpe et au beluga qui permettent de sortir l’aventure de l’océan et de proposer des nouveautés visuelles et plus d’actions inédites. J’ai bien aimé aussi Dory bébé qui est tellement mimi ^^ Certains personnages secondaires sont complètement loufoques et amènent du fun bienvenu. Mais le film titille aussi notre fibre nostalgique avec des clins d’œils plus ou moins appuyé au premier film.

FINDING DORY – Pictured (L-R): Hank and Dory. ©2016 Disney•Pixar. All Rights Reserved.

Quant au doublage français, il est très correct avec toujours la voix de Dory (c’est celle qui fait la voix de Julia Roberts) et Franck Dubosc (assez bon dans le registre différent du père inquiet) mais avec l’arrivée de nouveaux personnages et voix comme Kev Adams (le personnage lui va bien), Mathilde Seigner (mouais) et Gilles Lellouche (intéressant dans le rôle du poulpe agoraphobe).

A noter que Samy Nacéri ne reprend pas son rôle de Crush la tortue cool, on comprend aisément pourquoi Disney ne lui a pas laissé… une seconde chance ^^

Clins d’œil au premier film, aventure, humour et tendresse, ce monde de Dory est une réussite sur tous les plans ! Une suite qui se justifie avec un scénario simple mais prétexte à plein de situations qui raviront les petits mais aussi les grands.

 

Date de sortie : 22 juin 2016

Durée : 1h 35min

De : Andrew Stanton, Angus MacLane

Avec : Céline Monsarrat, Franck Dubosc, Mathilde Seigner, Gilles Lellouche

 

Cerise sur le gâteau, le court-métrage Pipper qui précède le film est génial ! C’est drôle et plein de tendresse. Un petit bijou qui est techniquement magnifique (le rendu du sable, des plumes et de l’eau sont dingues !)

A quand une nouvelle compilation de tous les court-métrages Pixar en Blu-Ray et digital ??

Le-monde-de-dory-Pixar (4)

Juin 12

[Ciné] Critique : Dans les forêts de Sibérie

Affiche-Dans-les-forets-de-Siberie

A nous les espaces infinis, le calme, la glace, la terre inhospitalière de Sibérie. Véritable ode au dépaysement, Dans les Forêts de Sibérie est librement adapté du roman Eponyme de Sylvain Tesson. D’une œuvre contemplative et solitaire Safy Nebbou annonce vouloir trahir légèrement la forme en la rendant un peu plus cinématographique, moins intérieure. Le résultat ?

Sans avoir vu ou presque d’extraits du film je savais à l’avance que le sujet me parlerait, que le réalisateur réussirait à s’approprier l’œuvre d’origine en lui rendant hommage. Presque pas de surprise sur ce film ne commettant aucune véritable erreur. Peut-être pas assez contemplatif pour ma part, sans doute trop inaccessible pour une partie du public dont ce ne sera pas la tasse de vodka. Dans les forêts de Sibérie ne tente pas d’expliquer les choses, fait doucement avancer l’intrigue sans trop annoncer son existence. Il replace le personnage comme un monsieur tout le monde fatigué de sa vie civilisée mais qui, contrairement à l’essentiel des hommes, ose tout abandonner.

Dans-les-forets-de-Siberie (2)

Le propos est beau car n’explose jamais les raisons profondes de ce départ, l’histoire passée de l’homme dans lequel tout le monde peut se projeter. Raphael Personnaz campe cet aventurier de manière très crédible, devant composer l’essentiel de son jeu seul, ce qui n’était pas forcément gagné. L’invention d’un second personnage, et j’en dévoilerai le moins possible, est un excellent ajout pour le film. Lui donnant une profondeur à la fois humaine et mystique, Nebbou instille un petit enjeu dramatique sur fond d’amitié. D’un point de vue purement formel, c’est une œuvre anti-sociologique, les très rares relations sont ramenées au plus simple, les conflits inexistants, essayer de détricoter la pelote de laine de la civilisation est ici inutile.

Beaucoup de grands espaces blancs, des plans de caméras parfois intimistes et parfois immenses, peut-être pas assez nombreux pour ces derniers (mais ce n’est pas un documentaire). Le côté technique est assez simple, sans vrai parti pris esthétique, juste sérieusement fait et assez photographique.

Au chapitre des reproches ? Qu’il ne parle, malgré son ouverture, pas à tous les publics. Ni didactique ni donneur de leçon ni livré clé en main, c’est un film ovni, assez libre et pas forcément simple à appréhender. Rien de prétentieux là-dedans, seulement dur à classer. Le cinéma de Nebbou surprend donc toujours, offrant l’impression au spectateur de sortir plus intelligent et plus riche sans pour autant lui avoir appris quelque chose.

Dans-les-forets-de-Siberie (3)

Petit plus avec la musique de Ibrahim Maalouf qui, lui aussi en ovni, s’impose sans peine dans cette BO. J’aime énormément le musicien, mais je restais curieux sur son intégration dans un tel film. Sans être la musique parfaite, son apport des cuivres au traditionnel piano (que l’on garde seul en général pour parler de solitude) est très bénéfique.

Un film en forme de voyage intérieur mais ouvert au monde, dépaysant sans être contemplatif, humain mais tourné vers la nature la plus simple. Dans les Forêts de Sibérie a tout du feel-good movie sans jamais en avoir la forme. Pas forcément accessible mais tellement plus dépaysant que l’essentiel des productions Françaises.

 

Date de sortie : 15 juin 2016

Durée : 1h 45min

De : Safy Nebbou

Avec : Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine

Articles plus anciens «